Histoire
Une longue histoire...
Tout a commencé à la Hève, au "Chef de Caux", ce formidable éperon qui fut de toutes les époques le promontoire, l'observatoire, un point stratégique dans la défense de l'Estuaire de la Seine.
Même si la géologie nous paraît un peu ardue et si nous sourions de voir les géologues empiler allègrement les millions d'années, l'étude géologique est indispensable pour comprendre notre site, sa richesse et son histoire.
N'est-il pas normal, dans ces conditions, que le village de pêcheurs qui précéda Sainte-Adresse lui doive son nom de Saint-Denis Chef de Caux, entouré de bien des légendes ? Retrouvera-t-on jamais quelques vestiges de ce village emporté par les flots ? Nous ne pouvons qu'imaginer la sévérité du cataclysme dont ont été victimes les habitants punis d'avoir été assez intrépides pour s'établir dans ce site exposé.
L'histoire du Chef de Caux est donc très ancienne ; celle de Sainte-Adresse l'est moins, même si elle commence au Moyen Age. Un témoin historique, le plus vieux de la région, est le Manoir de Vitanval, près duquel se réfugièrent les survivants de Saint-Denis Chef de Caux. Mais c'est la création d'un nouveau port, le Havre de Grâce, qui va entraîner dans son sillage le développement de ce nouveau village auquel fut plus tardivement donné le nom de Sainte-Adresse, nom original sans doute imaginé par les marins. Et Sainte-Adresse offre à sa nouvelle voisine, dès sa création, l'eau de ses sources et l'admirable situation de son promontoire.
Une occupation très ancienne
Englouti par les flots en 1374, Saint-Denis Chef de Caux, ancien village de pêcheurs qui donna son nom aux habitants, les Dionysiens, précéda Sainte-Adresse, nom sans doute imaginé par les marins qui signifiait la fin de navigations difficiles dans la baie de seine et l'arrivée à un port sûr.
L'histoire de Sainte-Adresse devient, avec la création du port de Havre de Grâce, indissociable de celle de sa grande voisine. Celle-ci, pour sa construction, a besoin de main d'oeuvre étrangère et favorise la migration d'ouvriers basques, gascons et espagnols. Ces nouveaux venus s'installent dans le vallon de Sainte-Adresse.
Au XIXème siècle, le commerce maritime havrais devient florissant et va attirer de nouveaux habitants : des armateurs, des négociants enrichis... Sainte-Adresse est toujours un petit village rural. C'est à cette époque qu'arrive Alphonse Karr, rédacteur au Figaro. Ravi par ce village fleuri, il y achète une maison, devient conseiller municipal, invite de nombreux écrivains et fera de Sainte-Adresse un lieu prisé par l'intelligentsia.
Une cité balnéaire
Ce fut sans doute le premier " phare " installé en France. D'autres phares furent installés puis démolis au fil des siècles. Vers 1374 l'écroulement de la falaise entraîna le village et l'église de Quief-de-Caux dans la mer. Un autre village fut reconstruit plus tard : Ste-Adresse. Mais l'effondrement de la pointe de la Hève enleva la protection naturelle du petit port abrité et les débris obstruèrent le chenal d'accès. A partir de 1490 des travaux furent entrepris pour protéger le rivage : construction d'un mur, d'une jetée, et d'épis. Malheureusement, par manque d'entretien, la majorité des épis furent détruits par la mer et la migration des galets menaça à nouveau les plages et les ports alentours.
L'aventure Dufayel
Le trafic du port du Havre explose, la bourgeoisie fortunée lance la mode des villégiatures et les villas fleurissent à Sainte-Adresse, mais après le départ d'Alphonse Karr, le prestige intellectuel de la ville faiblit. C'est à ce moment clé où Sainte-Adresse menace de plonger dans l'anonymat, qu'arrive un extraordinaire visionnaire, Georges Dufayel.
Il sera le premier à faire construire, en 1906, un vrai lotissement en bord de mer, au pied des falaises. Son objectif était de concurrencer Deauville. Les villas sont élégantes. Le site protégé du vent du nord prend le nom de Nice Havrais.
Le gouvernement belge en 1914
Août 1914, la Belgique est envahie par les troupes allemandes. Le gouvernement belge quitte Bruxelles et demande l'hospitalité à la France.
Sainte-Adresse sera choisie parce qu'au Nice Havrais, les vastes bâtiments luxueux et les villas récemment construits par Dufayel permettaient d'accueillir et de loger le gouvernement et les ministères Belges.
Sainte-Adresse a donc vécu, entre 1914 et 1918, sous un double drapeau. Les couleurs françaises et belges qui encadrent la statue du roi Albert 1er à l'entrée de la ville et l'insertion du drapeau belge sur le blason de la ville témoignent de la pérennité de ces souvenirs. Le récent jumelage avec De Panne, station balnéaire belge où résidait le roi Albert 1er entre 1914 et 1918, le confirme.
La Seconde Guerre Mondiale verra le Havre, lieu hautement stratégique, bombardé et détruit. Le Cap de la Hève, comme toujours, devient un poste d'observation et de défense.
Aujourd'hui encore, les falaises de Sainte-Adresse abritent de nombreux vestiges du mur de l'Atlantique.
Terre de mémoire
Terre d'art, terre de culture, Sainte-Adresse a reçu tant d'hôtes et détient un passé culturel et historique si important, qu'elle ne pouvait passer sous silence tant de richesses. La Municipalité a donc décidé d'éditer un ouvrage sur Sainte-Adresse, ses origines, son histoire, ses illustres hôtes... sa mémoire. Cet ouvrage en couleur de 140 pages, abondamment illustré, retrace le Sainte-Adresse d'hier et d'aujourd'hui et ses légendes.






